Autour du météore de Seattle

15 mai 1952
Autour du météore de Seattle
New-York, 15 mai. Le phénomène céleste qui a surpris en pleine nuit les habitants de Seattle, localité de l'Etat de Washington sur la côte du Pacifique, au nord de San-Francisco, préoccupe beaucoup l'opinion américaine. Le correspondant new-yorkais du Corriere della Sera expose les thèses et les arguments en présence. Nous résumons ici son intéressant article.
Arme secrète du Pentagone, ou du Kremlin, ou encore aéromobile interplanétaire d'origine martienne, telles sont les trois interprétations auxquelles on se rattache dans le public américain, plutôt qu'à celle de l'explosion d'un bolide donnée par les milieux scientifique.
On fait remarquer, en effet, qu'on n'a retrouvé jusqu'ici aucun des fragments météoriques qui auraient dû résulter de l'explosion et que le phénpmène se serait produit à faible altitude : six cents mèetres au lieu de vignt mille habituels.
Et l'on rappelle qu'il y a un mois le grand hebdomadaire Life, étudiant critiquement tous les cas de "soucoupes volantes" signalés depuis 1947, est arrivé, par exclusions successives, à la conclusion qu'il doit s'agir d'objets venus de la planète Mars.
Voici les raisonnement tenu. Les autorités militaires américaines ont conclu de l'enquête à laquelle elles se sont livrées que 34 cas ne pouvaient s'expliquer de façon satisfaisante, ne rentrant dans aucune des catégories habituelles : explosion de bolide, troubles magnétiques de l'atmosphère, illusion optique ou psychique, ballon-sonde. Dès lors, écrivait Life, il ne demeure que trois autres possibilités : arme secrète américaine, arme secrète russe, aéromobile interplanétaire. A croire l'auteur de l'article, les particularités des "soucoupes volantes" exclueraient les deux premières.
D'autre part, un journaliste à l'imagination vive, Frank Seully, a cru remarquer que toujours les apparitions de soucoupes étaient en rapport avec les explosions atomiques ou le lancement d'engins radioguidés. La première fois, ce fut peu après l'apparition des fusées volantes allemandes. Puis, à la suite des explosions d'Hiroshima et de Nagasaki. Une troisième série suivit l'expérience d'Eniwetok et une quatrième, la première explosion atomique russe. Il en déduit que les Martiens suivent attentivement toutes ces expériences terrestres. Le phénomène de Seattle, pour sa part, est consécutif à l'explosion atomique du Nevada.
Encore faudrait-il être assuré de l'existence des Martiens. Or rien n'est moins certain. Car on n'a pas encore décelé de façon incontestable la vie sur notre voisine planétaire.
Les astronomes mettent en doute sinon l'existence des canaux de Mars, du moins leur nature aquatique. Quand aux changements saisonniers de couleurs de la surface martienne, il n'est pas admis par tous les spécialistes qu'il s'agisse réellement de phénomènes végétaux. Mais surtout, à supposer que Mars connaisse la vie, rien n'est moins sûr que celle-ci ait subi une évolution identique à la nôtre et qu'elle ait abouti à l'apparition de créatures intelligentes analogues aux hommes et animées des mêmes intentions. Or c'est toujours ce qu'on suppose implicitement quand on parle des Martiens.
Source: 
Feuille d'Avis de Lausanne

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