La petite lumière rouge n'était qu'une plaisanterie

11 janvier 1983
La petite lumière rouge n'était qu'une plaisanterie
L'ovni du Gros-de-Vaud était un rayon laser! Le jeune Vaudois, P. M., qui, le 21 décembre au soir, a vu une «boule rouge poursuivre sa voiture avant de s'installer sur la banquette arrière» a été victime d'une plaisanterie (lire 24HEURES du 10.1.1983). Les auteurs, par personne interposée, se sont fait connaître à l'agence AIR.
Un tube laser - il en existe qui se contentent d'une source électrique de 12 volts - permet en effet «d'envoyer» sur une vitre de voiture ou sur n'importe quel autre support, un disque rouge vif. Le fait que le rayon laser soit invisible, sauf sur le support qu'il rencontre, peut donner l'illusion qu'il a une vie propre. La lueur qui, dans une voiture ou dans une petite pièce, peut accompagner le disque lumineux, vient de la diffraction du rayon laser par le verre traversé, des multiples réverbérations possibles et de l'atmosphère ambiante. La fumée - par exemple - rend le rayon visible.


«En une année, je sais que plusieurs fois, quelques amis se sont amusés avec un tube de faible puissance. Généralement, les automobilistes victimes ont poursuivi leur route, sans plus. Certains ont freiné. D'autres, parfois, se sont arrêtés quelques instants. Jamais personne, à ma connaissance, n'avait imaginé autre chose qu'une plaisanterie, sans se l'expliquer pourtant.» Le témoin qui avoue avoir connaissance de l'incident du 21 décembre dernier, nie par contre y avoir pris part. A la lecture des journaux, les plaisantins se sont adressés à lui, spontanément. Pour démystifier ces nouveaux «lilliputiens verts»...

Le principe du rayon laser consiste à émettre un rayon de lumière «propre», d'une seule longueur d'onde qui porte à très longue distance. Les puissances d'émission sont très variables, allant de 0,5 milliwatt à plusieurs kilowatts. L'une de ces caractéristiques d'un rayon laser est d'être parallèle, de ne pas se disperser. Les appareils de faible puissance sont utilisés pour les alignements de machines, pour des travaux de géomètres, pour des repérages d'alignement dans des ouvrages de génie civil. Lorsque la puissance d'émission augmente, le rayon laser provoque un échauffement à l'endroit de son impact. Ses utilisations à ce stade sont aussi multiples, allant de la découpe de textiles à la «soudure» de vivants, de la perforation des métaux à l'obtention de très hautes températures, instantanées, dans le domaine de le recherche physique.

Invisible
Les «plaisantins au tube laser», profitaient cependant d'une autre caractéristique de cette lumière: le fait que le faisceau soit invisible dans l'air. Ainsi, au contraire de l'effet produit par une lame de poche ou un projecteur conventionnel dont le rayon est visible et permet de localiser la source lumineuse, le laser produit un cercle de lumière sur l'écran qu'il rencontre, sans que le rayon puisse être vu.
Dans le cas du jeune Vaudois pris pour cible, les manipulateurs se trouvaient à deux ou trois cents mètres derrière le véhicule, dirigeant le faisceau sur la vitre postérieure de la voiture visée. Pour le conducteur, il y a donc un rond de lumière rouge vif sur sa glace arrière, qui vient de nulle part. Pour peu que le hasard fasse bomber le faisceau sur le rétroviseur, le disque lumineux va se retrouver projeté sur la banquette arrière du véhicule. Enfin - la fumée comme le brouillard faisant écran à la lumière - l'«ambiance» intérieur d'un véhicule enfumé éclairé par un rayon laser qui se reflète sur toutes les parties métalliques peut devenir entièrement rouge.

Inoffensif ou très dangereux
Côté danger, la seule description des usages possibles du laser démontre les risques qui lui sont inhérents. Si au-dessous d'un milliwatt il n'y a aucun risque, à deux milliwatts déjà, un éclair dans l'oeil fait l'effet d'un flash, et une exposition prolongée peut endommager la rétine. Avec une puissance de cinquante milliwatts, il est possible d'effectuer des soudures de cette même rétine. Ensuite, plus la puissance augmente plus l'effet d'échauffement peut causer de dommages. Arrivé à deux mille watts, un rayon laser peut découper des plaques d'acier de dix millimètres d'épaisseur.
L'un des usages les plus connus du laser - la décoration de dancings ou de salle de spectacle - n'impose que des appareils de faible puissance et est soumis à de rigoureuses règles d'application.
Source: 
24heures

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