Les soucoupes

11 octobre 1952
Les soucoupes
Monsieur Jean-Paul N., demeurant à Paris, rue Lamark, raconte que le vendredi 13 juin, à 14 h. 30, il se trouvait dans son «living-room» situé au troisième étage de l'immeuble. De sa fenêtre, il découvre un vaste horizon, vers le nord-est. C'est alors que levant les yeux il aperçut «une tache brillante, immobile sur l'azur» : une soucoupe volante.

Monsieur N., étant parfaitement sain de corps et d'esprit, il n'y a aucune raison pour mettre son témoignage en doute.
Le seul ennui, c'est que pour confirmer l'authenticité du phénomène observé par lui, il faudrait un autre témoignage «recoupant» le premier.

Or, il n'a pas été possible d'en recueillir. Pourquoi ? Tout simplement parce que personne d'autre ne regardait en l'air au moment où M. N. avait les yeux levés vers le ciel.

Signe des temps : voilà une agglomération de 4 à 5 millions d'habitants et sur le nombre, un seul individu, à une heure déterminée, regardait en l'air. Tous les autres étaient penchés sur leurs besognes, la repasseur sur son fer, le menuisier sur son établi, le ministre sur ses dossiers, le député sur les demandes d'intervention de ses électeurs, le potache sur la version latine, le terrassier sur ses éboulis.

Pas un ne s'était accordé le loisir de rêver un peu. «Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie», disait le grand pascal. Nous sommes bien loin de ces temps. La génération qui va peut-être enfin percer le mystère de ces espaces ne se donne même pas une minute pour les contempler.
Source: 
L'Impartial

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