Les soucoupes volantes existent

17 février 1951
Les soucoupes volantes existent
On l'a écrit souvent; l'histoire de la conquête de nombreux sommets des Alpes se résume en trois points: 1. Cime inaccessible; 2. Ascension très difficile; 3. Course facile pour dames. Suivant une progression inverse, l'histoire des «Soucoupes volantes» s'établit ainsi: 1. Légende à la Jules Verne; 2. Thème inépuisable de railleries pour revuistes et chroniqueurs; 3. Réalité.

J'en demande bien pardon à mon spirituel confrère «Népomucène Rêvasseur» qui brodait allègrement («Gazette» du 15 février) sur le point deux de la chronologie, mais si peu enclin que je sois à croire à beaucoup de chose, je ne saurais - et je n'ai jamais à partagé son scepticisme à l'égard des fameuses soucoupes. C'est pourquoi les «révélations» de l'Américain Urner Liddell faisant état de simples et légers ballons en matières plastique me paraissent demeurer ce qu'elles sont: une aimable façon de «bourrer le crâne» aux gens satisfaits de la première explication venue.

Un livre impressionnant, lucide et froid - scientifique même - qui sort de presse (1) fortifie notre position. L'auteur Donald E. Keyhoe, diplômé de l'Académie navale des Etats-Unis, collaborateur de Byrd et de Lindberg, directeur des informations aéronautiques du ministère du commerce américain, s'est livré à une enquête approfondie portant sur 400 cas troublants et d'autant plus troublants qu'ils sont loin de se limiter à des expériences (ou bien à des récits) dont les seuls Américains seraient les auteurs et héros. L'enquête de Kyhoe aboutit à cette conclusion: nous étions entrés. «nolens volens», dans l'ère atomique. Aujourd'hui nous pénétrons dans l'«âge interplanétaire» ou plutôt on nous y contraint.

*

Parmi des centaines de témoignages provenant pour la plupart d'ingénieurs, d'officiers, de météorologues et de savants, Donald Keyhoe fait toute la lumière sur la mort tragique du capitaine-aviateur Mantell, pilote de guerre, qui avec trois autres chasseurs poursuivit, sur l'ordre de son colonel, le 7 janvier 1948, un étrange et vaste engin de métal brillant, d'un diamètre approchant les cent mètres qui se déplaçait au-dessus de la base aérienne de Fort Knox à une vitesse considérable. Distançant ses camarades d'escadrille, Mantell serra de près l'engin mystérieux, renseignant son chef de minute en minute par radio, sur les phases de la poursuite. Puis sa voix se tut; son monoplace se désagrégea avec une force terrifiante, semant ses «minuscules» débris sur plusieurs kilomètres au sol. Aussitôt l'engin inconnu disparut à l'horizon, suivi d'en bas aux jumelles.

D'autres faits, moins tragiques, mais tous fort dignes d'attention, engagèrent le gouvernement et le Pentagone à créer une commission d'études dite «soucoupe» encore en fonction aujourd'hui, bien que la Marine et l'Aviation multipliassent les fausses pistes et les démentis.

Au terme de sa dissertation serrée de 240 pages, M. Keyhoe aboutit à des conclusions froidement consignées. Pour lui, l'existence d'astronefs de forme insolite, ultra-rapides, ne fait plus de doute. Il juge que depuis un siècle au moins, la Terre est observée périodiquement par une (ou plusieurs) planète. Les observations se sont multipliées depuis 1947, en conséquence des expériences atomiques donc les répercussions semblent s'être étendues au delà de l'atmosphère terrestre. Cette vigilance s'exerce par intermittences. Il ne semble pas qu'aucun contact immédiat avec notre planète soit recherché. (Ce contact est peut-être interdit par quelque obstacle ignoré de nous mais il est plus certain que les plans des «aviateurs» astraux ne sont pas achevés.)

Parallèlement, la défense militaire américaine poursuit des essais de projectiles téléguidés qui troublent les recherches sur les astronefs et sèment la confusion dans le public. Quoiqu'il en soit, l'on ne peut passer sous silence l'affaire Mentell et tous les cas annexes minutieusement passés au crible par M. Keyhoe.

Jean Nicollier.
Source: 
Gazette de Lausanne

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