"Les soucoupes volantes" ont été décrites et constatées par des savants sérieux

9 septembre 1947
"Les soucoupes volantes" ont été décrites et constatées par des savants sérieux
"Les soucoupes volantes" ont été décrites et constatées par des savants sérieux
Il y a un mystère, incontestablement, dans ces apparitions qui surgissent d'un pan de ciel, suivent un moment un trajectoire incertaine, puis disparaissent sans bruit comme elles étaient venues. On leu donne communément le nom imagé de "soucoupes volantes" qui correspond assez bien à la description que l'on fait de ces disques aux contours parfaits et nets, avec une légère concavité marquée au centre et qui n'est sans doute due qu'à un jeu de raréfaction atmosphérique sur une masse sphérique lumineuse faiblement élevée sur l'horizon, écrit le général Davet dans le Journal de Genève.
Il ne peut s'agir en l'occurrence d'une illusion, d'une hallucination collective. Si les observations du phénomène varient, et donnet parfois matière aux explications les plus fantaisistes, il n'en reste pas moins que des hommes sérieux et d'un sang-froid tout scientifique l'ont constaté et décrit.
On signalait déjà, il y a environ deux ans, de singuliers projectiles qui sillonnaient mystérieusement le ciel scandinave. La guerre s'achevait à peine et l'on pouvait supposer qu'une certaine psychose de terreur régnait encore, déformant, dénaturant les faits les plus normaux. En réalité, les météores n'étaient, semble-t-il, que des V1 et des V2 récupérés et lancés expérimentalement de la côte allemande occupée sur la Baltique. Mais on ne peut donner la même origine aux apparitions actuelles, non seulement par la forme qu'elles empruntent, mais par l'altitude et probablement la vitesses auxquelles elles évoluent. On les a aperçues un peu partout dans l'hémisphère nord, et plus particulièrement aux Etats-Unis où, dans trente Etats, on a signalé de ces disques, isolés, ou "groupés en escadrilles".

Réalités et fantaisies

La description en est toujours la même, sauf pour ce qui est du diamètre apparent qu'on fait varier de 5 à 15 mètres, chiffres qui dépendent d'une appréciation incertaine de la distance. A travers les frantaisies des journaux que des SR diligents inspirent et orientent souvent à leur insu pour mieux les égarer, il reste difficile de dégager la réalité qui pourrait étayer une timide opinion sur l'insolite navigation solitaire de ces disques.
Au cours de la nuit du 22 au 23 août derniers, le poste météorologique de Semmering, au sud-ouest de Vienne, a observé un globe lumineux qui se déplaçait horizontalement et avait un diamètre égal à celui du soleil à midi. Sa hauteur sur l'horizon était de 15 degrés. La clarté pouvait se comparer à celle d'un projecteur "se heurtant à un banc de brume", autrement dit bouillonnante d'irrisations mais voilée, fantomatique, oppressante plus qu'aveuglante.
Dans la même nuit, le poste de Heiligenblut, près de Graz, en zone britannique, signalait également le passage d'un disque lumineux dans le viel de Styrie, faisant route vers le sud. Brusquement, il changea de cap et se dirigea vers le nord-est, où il disparut.
Dans la même nuit, mais cette fois dans le ciel de méditerranéen, un premier disque apparaît. il est minuit et quart. Une dizaine de personnes qui cherchent un peu de fraîcheur au Lido, une petite plage du Mourillon près de Toulon, le voient surgir au-dessus de l'isthme des Sablettes, suivre une trajectoire rigoureusement horizontale, puis disparaître au large du cap Sicié.
Il est de couleur orangé-rouge. Son diamètre est le dixième environ de celui de la lune. Sa hauteur sur l'horizon de 45 degrés. Il est extrêment lumineux, presque fatigant à suivre des yeux. La durée de son trajet visible, de 8 à 9 minutes permet de l'observer posément à la jumelle. Une heure après sa disparition à hauteur de l'Altaïr de l'Aigle, un second disque monte du même point de la nuit. Son diamètre apparent est le même que celui du premier; un cercle inscrivant un Spitfire volant à 7 ou 800 mètres donnerait une idée assez exaste de ses dimensions. Même durée de l'apparition, même route WSW-ESE, même luminosité, même silence.

Une invention nouvelle en cours d'essais

Ce phénomène est-il naturel ? Vraisemblablement non. S'il s'agissait d'astéroïdes éclatés et traversant l'atmosphère terrestre, ils disparaîtraient à la vitesse de l'étoile filante en quelques secondes au plus ou, s'ils devaient rencontrer la terre, on en découvrirait bien quelques morceaux.
Nous croyons pour notre part, qu'il s'agit plus simplement d'une invention nouvelle en cours d'essais. Le laboratoire peut être tenu secret mais le polygone d'expérimentation s'étend, sans barrières possibles, au ciel infini, soumis indiscrètement à la curiosité des hommes.
Depuis Bikini, l'idée d'une guerre où l'arme radio-active serait employée ne paraît plus absurde. Comme pour la bombe atomique, et d'ailleurs toutes les bombes aériennes, la vraie question à résoudre est celle du véhicule qui transportera dans les meilleures conditions d'efficacité le projectile sur le but fixé. On a parlé de nuages radio-actifs. C'est fort possible, il suffit, en effet, de trouver un procédé permettant à une bulle originelle chargée de poussières radio-actives de se dilater jusqu'aux grandes altitudes tout en conservant sa forme sphérique, comme un ballon-sonde de météorologie qui ne serait pourtant pas hermétiquement clos afin de trouver une position d'équilibre statique à une hauteur choisie, et cela malgré les variations de température entre le jour et la nuit.

En plein cauchemar

Tout laisse supposer, du moins à notre ignorance, que ces engins errants demeurent assez longtemps dans le ciel. Sont-ils dirigés par radioguidage, ou simplement "raquetés" comme une balle de tennis, de base en base, jusqu'à ce qu'une maladresse les laisse à leur sort ? Probablement les deux. Leur éclairage provient sans doute du reflet de la lumière lunaire sur cette masse corpusculaire qui absorbe les rayons et les renvoie avec sa coloration propre. Nous sommes en plein rêve ou, si l'on préfère, en plein cauchemar.
Il est des secrets bien gardés. Les V allemands, la bombe atomique américaine ont surpris les plus claivoyants après avoir abusé les plus perspicaces, comme dans l'autre guerre la brosse Bertha. Il ne sert à rien de se boucher les yeux.
Admettrons-nous, pour terminer sur une hypothèse un peu moins sombre, la nouvelle récemment répandue que les Etats-Unis feraient des tentatives au Nouveau-Mexique pour lancer, à une vitesse de 10,000 kmh. et à une altitude comprise entre 400 et 800 kilomètres, des cônes d'acier destinés à tourner éternellement en satellites autour de la terre ? Et que nos "soucoupes volantes" seraient les prmiers résultats de ces essais ? Ne nous leurrons pas. Au point où en est le monde, aucun Etat, quelque que soit la puissance, n'a le loisir d'entreprendre des recherches dont l'objet ne serait pas immédiatement utile à sa sécurité.
Source: 
L'Impartial

Pas encore de compte? Inscrivez-vous!

Soutenez le projet en demandant un accès personnel. En plus d'assurer la pérennité du projet, vous bénéficierez de plein d'avantages.
> En savoir plus